Les conférences sur le sujet de l’accessibilité ne le sont pas toujours elles-mêmes

Il m’est déjà arrivé qu’on m’invite à des événements qui peuvent être intéressants pour moi, mais malheureusement je suis souvent obligée de refuser d’y aller à ma plus grande frustration.

Je dois en permanence demander s’il y a une vélotypie de prévue, ne maîtrisant pas parfaitement la langue des signes, et pas du tout le langage parle complété.
Personne n’est parfait !

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Paroles et musiques

Enceinte de musique allumée, on voit le bouton entouré d'une lumière bleue

On peut en tant que personne sourde être sensibilisée à la musique, connaître un univers musical, évoluer dans ce monde.

Mes parents avaient des vinyles, des cassettes audios, je dois dire qu’à l’époque ces objets m’impressionnaient, ils étaient magiques pour moi. Ils arrivaient à restituer une sensation qui m’est inconnue.

Ces vinyls sur lesquels on pouvait enregistrer des croches, des clés, des arpèges sur un disque noir et la restitution du son par le biais d’un diamant, la technique m’échappait.

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Les feuilles et la fourmi

Assise à une table à côté de mon oncle, je contemple autour de moi sans aucun bruit. Une fourmi passe à toute vitesse sur la table, à la recherche d’une miette de pain.

Entendre juste les feuilles du papier journal, qui tournent avec le vent, c’est un bruit qui m’est presque agréable dans ces lieux si calmes.

Silence total pour moi, j’entends les voitures qui passent de temps à autre. Je m’arrête de respirer en espérant pouvoir percevoir un bruit qui m’est inconnu.
Je demande à mon oncle quel est ce bruit. Mais finalement nous entendons pas la même chose.

J’entends comme une feuille de papier froissée, lui un tracteur qui passe au loin dans les champs à peine perceptible. Continuer la lecture de « Les feuilles et la fourmi »

La piscine

Quand je vais à la piscine, je ne prends que le strict nécessaire. Une serviette, une bouée, des lunettes.

J’arrive donc dans le silence à la piscine, je communique avec la caissière de la piscine comme une parfaite personne valide puisque j’ai  fait le choix de laisser mes appareils a la maison. ma surdité est un handicap qui n’est déjà pas très visible. Pour le coup ici, elle est invisible.

Mes appareils auditifs ne sont pas de la partie puisque ces derniers craignent l’eau. Je bichonne mes appareils comme si c’était des bijoux en or.
Ça ne vous viendrait pas à l’idée de laisser l’équivalent de 4 iPad dans le casier de la piscine ? Ben moi non plus !

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La rentrée, c’est à deux mains !

Après un bel été, je reviens vous donner quelques nouvelles de l’association A Deux Mains dont je suis la marraine digitale dans le cadre de l’opération SFR Jeunes Talents Entrepreneurs.
La rentrée, c’est maintenant, c’est A Deux Mains !

Comment allez-vous ?
Nous allons bien, merci, nous avons réussi à prendre quelques vacances histoire de nous reposer un peu et être prêtes pour attaquer la rentrée !

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Le sable et les vagues

A la mer, sur la plage je contemple l’horizon.
Je regarde mon fils jouer dans l’eau, sans aucun bruit puisque j’ai enlevé mes appareils par précaution.

Le sable fin de St. Jean-de-Monts est un ennemi pour mes appareils, combien de fois ils furent en panne à cause de ce maudit grain de sable.

Il est rare que le sable ne vole pas.

Je continue à regarder autour de moi, des enfants qui crient dans leurs jeux, des familles avec des enfants, la mer qui va et vient.

Je n’entends pourtant rien, puisque mes appareils sont restés à l’appartement. J’imagine le bruit des vagues, les paroles des gens qui m’entourent. Je pourrais rien qu’en les regardant, distinguer leurs conversations à cause de la promiscuité. Ce que je ne fais pas par respect d’autrui.

Mon fils qui va et vient dans l’eau, que je comprends de loin quand il me parle.
Mais quand nous sommes dans l’eau, il me parle comme si j’entendais.
Sur le moment, je ne saisis pas, étant occupée à jouer avec les vagues de l’Atlantique.
Son père lui dit de me taper sur l’épaule pour me parler, nous pouvons converser tranquillement, lui dans le bruit des vagues, et moi dans le silence.

14 août -St. Jean-de-Monts

Apprendre en immersion

Un heureux hasard a fait que mon mari a choisi de zapper entre la série « Castle » qui venait de se terminer en VOD sous-titrée pour regarder à ma demande « Maison à vendre« .
Je précise pour pas qu’il se tape la honte, mais que moi j’assume entièrement le choix des programmes.

A la maison, on aime bien faire le tour des chaînes rapidement comme ça pour voir les sous-titres.
Un vieux réflexe, depuis le début de Médias sous-titrés.
Chez nous, quand on zappe c’est souvent pour vérifier qu’il y a bien des sous-titres.

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Mesdames, messieurs, les voyageurs votre attention svp !

Avant le grand départ sur lequel je devais prendre un TGV et un TER avec des bagages et mon fils de 5 ans, j’ai pris soin de mettre à jour mon téléphone et des applications qui vont bien avec pour le voyage (que ce soit pour le trajet, ou pour passer le temps).

En tant que sourde, on ne sait jamais dans quelles situations on peut se retrouver car toutes les annonces à la SNCF et à la RATP sont toujours vocales. Pensez-y, les horaires théoriques sont toujours affichés mais les alertes, les imprévus, les dernières minutes se font toujours par haut-parleur.
On ne souhaite que d’arriver à destination entière mais ce n’est pas toujours le cas.

J’avais chargé une petite application « SNCF direct » m’indiquant les numéros de voie des départs et arrivées en gare.
Cette application prévient aussi quand il y a des problèmes sur la ligne qui sont généralement annoncés de manière vocale.
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Sous le soleil, exactement

Ciel bleu azur,
Pas un nuage,
Un papillon blanc qui virevolte,
Ces branches d’arbres qui ramènent la fraîcheur,
Tout est parfait.

Entrer dans la gare RER, être assaillie de bruit de haut-parleurs dont je ne comprends rien mais en distingue le bruit.

Le bruit des escalators qui est assourdissant, qui hoquète à chaque marche avalée dans l’engrenage mécanique.

S’asseoir, attendre l’arrivée du RER, au bout de la rangée de sièges sur lesquels je suis assise, un jeune homme avec un casque très concentré sur sa musique, tellement concentré qu’il reproduit le rythme de sa musique en tapant du pied au sol.

J’en perçois des claquements bien secs, des petits bruits secs, répétés comme ça, quand on n’a pas la musique avec, c’est juste prodigieusement agaçant…

Je le vois dans ma périphérie visuelle, un mouvement répété même si j’en perçois plus le son dans mes pensées. Je me sens agressée visuellement par ce mouvement répétitif.

Une jeune femme avec des talons passe, j’entends le claquement au loin, qui se rapproche … et qui s’éloigne…

Ouf, mon cerveau va se reposer, lui qui est à l’affût de toute sonorité.

Voilà le ronronnement du RER qui arrive…

Je lève la tête, et j’aperçois ce joli petit papillon blanc qui virevolte dans ce beau ciel bleu azur si pur….
Sous le soleil, exactement.

Mais qu’est-ce que tu entends au juste ?

Affiche sur laquelle la moitié des lettre est cachée et lisible difficilement du premier coup. Le texte suivant est "à l'école un enfant malentendant ne devrait jamais ressentir ce que vous ressentez en ce moment en lisant ces lignes". Affiche de l'Institut National des Jeunes Sourds de Paris

Il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises, d’expliquer ce que j’entends.

Au square, au milieu d’enfants, l’un d’entre-eux vient me voir, c’est un ami de mon fils.

Il me jauge, me tourne autour, rigole avec moi, me provoque dans son jeu. Je réagis à son petit jeu, ça l’amuse.

Et tout d’un coup, il se plante devant moi et me dit : « C’est quoi ce truc que t’as dans l’oreille ?!? »

Je souris, le papa du petit garçon gêné ne sait pas quoi lui répondre, je le regarde avec un regard rieur qui avait l’air de dire « Je vais lui répondre »

Je ris, je le regarde, je pèse mes mots avant de parler.
C’est un petit garçon de 4/5 ans, mais je vais m’adresser à lui comme si je m’adressais à un adulte. Je vois pas pourquoi il ne faudrait pas leur dire les choses comme elles sont.

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